ANDOINS
 
Le territoire communal s'étend sur 1.222 ha. Il comprend une partie haute
(altitude moyenne 330 m au-dessus du niveau de la mer) où se regroupe la plus
grande partie de l'habitat, et une partie basse dans la pleine du Pont-Long
(alt. moyenne 270 m). Habitat extrêmement dispersé (45 exploitations recensées en
1968). Terrains consacrés à la céréaliculture et aux pâturages, des bois occupent
l'escarpement du plateau... Village autour de l'église, zone d'habitat relativement
dense mais sans agglomération véritable.
En 1385, la paroisse dépendait de l'archiprêtré de Bœil. Vingt « oustals » y étaient
dénombrés parmi lesquels « l'Oustau dé l'Abadie » appartenant à la famille noble
de Bellocq.
Siège de la deuxième baronnie de Béarn, elle revendique néanmoins le titre de
première, détenu par la commune de Navailles.
Les seigneurs d'Andoins apparaissent dès la fin du XV siècle et semblent avoir
occupé une place importante dans la cour vicomtale. En 1282 Arnaud-Guillaume
d'Andoins est sénéchal de Béarn. De 1318 à 1319, Othon-Guillaume d'Andoins
garde le château de Montaner pendant la minorité de Gaston II.
En 1567, Diane d'Andoins (Corisande) épouse Philibert de Gramont, à qui appartient la principauté souveraine de Bidache. La Seigneurie d'Andoins passa alors dans celle des Gramont.
Sur le territoire communal, existait une fontaine miraculeuse « la Houn dé las frèbes » appelée aussi « Houn dous maous » (Fontaine des fièvres ou Fontaine des maux). Ainsi qu'une chapelle détruite lors des guerres de Religion, en 1569, à l'emplacement clé la « Croix de Lahitau ». Au lieu-dit« La Gleize », des restes de mosaïque ont été signalés, ainsi que d'autres vestiges, par l'abbé, Cup-Pucheu, ancien prêtre d'Andoins.
Un moulin à eau (mouli dé Carrérot) porté sur la carte de Cassini était dénombré en 1683 appartenant aux Gramont.
Le château : Autour de l'église actuelle, se trouvait un vaste terrassement entouré de profonds fossés au nord et à l'ouest, qu'ont sans doute effacé les chemins au sud et à l'est. En 1836, les travaux de restauration de l'église au centre de l'ensemble entraînent des transformations au cimetière " qui a toutes les apparences d'un fort escarpé, et a besoin d'être abaissé dans toute la circonférence de dix pieds ou environ, afin de détourner les eaux pluviales qui s'écoulent dans l'église".
Le château fut rasé en 1484 à la suite de la trahison de Jean, baron d'Andoins, qui avait pris le parti des rois de Navarre, alors en guerre contre les vicomtes de Béarn.
L'église est dédiée à saint Laurent. Construite sur l'emplacement de l'ancien château des seigneurs d'Andoins, elle n'est pas l'église primitive de la paroisse, mais comme à Abère, une ancienne chapelle castrale (lieu fortifié). En 1570, elle dut subir des travaux importants de fortification, car il est noté que 25 chars de pierre y furent employés. En 1814, on confia à Jacques Cerf « pintre daurur » les travaux de restauration des peintures et du mobilier (il est bon de rappeler qu'un Moyen Age la seule langue officielle, parlée et écrite, était le béarnais ! Les érudits y mêlaient quelques mots de latin).
En 1835, M. Latapie, architecte du département est chargé de dresser des plans, en vue d'un agrandissement et d'une restauration. Mais en 1837, on décida de reconstruire à neuf l'édifice jugé délabré et trop petit. Les travaux furent confiés à un entrepreneur du nom de Poublan et furent termines en 1847, à l'exception du clocher. Restaurée -par Gabarret et Noutary en 1901, elle est celle que nous voyons aujourd'hui...
Les quatre verrières du choeur et des bas-côtés : deux anges agenouillés, la Vierge à l'Enfant et le Christ-Roi, sont signés Mauméjean frères et sont datés de 1930.
L'autel et le tabernacle du choeur de 1841 sont en marbre polychrome. L'autel et le tabernacle du bas-côté sud, dédiés à la Vierge sont aussi en marbre polychrome. Une statue du tabernacle représente « l'Immaculée Conception », elle est en carton-pâte doré et peint. L'autel et le tabernacle du bas-côté nord, dédié au saint Sacrement, restauré par Giraudy (un des maîtres menuisiers de L'Ecole de Morlaàs) en 1740,provient de l'ancien maître autel de l'église primitive, dont la dorure et la peinture furent restaurés par Jacques Cerf, en 1814. Sculptures en relief, Christ Roi enfant et Annonciation, taillées dans la masse. Statuettes d'applique: Saint Pierre et saint Paul.
Trois lustres éclairent la nef centrale et les bas-côtés, ils sont en laiton bronze et verre taillé, ils sont datés de 1841 et mesurent respectivement: 2,20m et 1,16m de hauteur. Les peintures murales sont de Léonard Fortuni et datent de 1900. Le choeur représente trois scènes de la vie de saint Laurent : Arrestation par les soldats romains, martyre et jugement. Dans la voûte, Apothéose de saint Laurent, et les trois vertus théologales.
La cloche par Marquehosse et Ebrard, fondeurs à Morlaàs, date de 1832.
Fermes : Ferme Coustet à Capdebon, logis présentant un intéressant décor d'enduit et une charpente ancienne datant du XVIIIe siècle.
Ferme Lacaze, actuellement remise conservant en 1968 des éléments de mobilier : alcôve, étagère à pain, charpente traditionnelle datant du XVIIe.
Ferme Poublan, reconstruite en 1904. Eléments primitifs de décor : porte d'entrée et escalier perpétuant une tradition ancienne...
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